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L'art de la chute



Pourquoi tomber quand on peut tourner en rond ?

On a fait de la chute, en occident, un écueil à éviter à toute force. Echouer, tomber, ce serait faire preuve de faiblesse, de manque de stabilité et d’équilibre. Or l’équilibre, précisément, s’acquiert par des essais et des erreurs. Là est la faille fondamentale du raisonnement. Tomber, c’est s’autoriser à expérimenter, à comprendre, à disséquer, à intégrer. Sans la chute, impossible de savoir à quelle distance se trouve le sol ! Les bébés sont mieux placés que nous pour le savoir : dans l’apprentissage de la marche, pas un qui ne se rétame par terre ! Et pour autant, aucun n’aurait l’idée de s’asseoir sur son séant, de regarder maman droit dans les yeux en lui expliquant : « j’abandonne, je n’y arriverai jamais ». Non ! L’enfant apprend à chaque chute, qui constitue une étape supplémentaire dans la maîtrise de la compétence qu’il recherche !


Echouer, c'est apprendre !

D’où vient notre propension à vouloir apprendre sans tester, sans éprouver ? A notre passion pour la théorie ? Mais alors, quel est son intérêt si nous ne la mettons pas en pratique ? Et comment apprendre à aimer si nous nous interdisons toute relation amoureuse, par « peur de l’échec » ? Et que signifie un échec dans une relation ? Chacune d’elle est vouée à s’interrompre à un moment donné : par la volonté ou par la mort, que nous le voulions ou non… Est-ce à dire qu’il faudrait s’empêcher de tenter le moindre projet nouveau si la chute est à craindre ? L’échec, le vrai, consiste à rester au port au lieu de tenter la traversée de l’océan. On repousse toute idée de développement, d’apprentissage, d’évolution en se cantonnant constamment à se que l’on connaît. Alors que s'autoriser à tomber revient à s'ouvrir à quelque chose de nouveau: on ose franchir les limites de ce que l'on connaît pour acquérir de nouvelles compétences, remettre en question le connu, accueillir ce qui nous fera avancer !


La vie est dans l'échec

La vie est dans l’échec, la chute, le dérapage non contrôlé, le mouvement de travers, le pas de côté. Tout ce qui fait que l’équilibre va être trouvé à un moment donné, par essais et erreurs. C’est exactement ce qu’à dit Edison à une journaliste qui lui reprochait d’avoir échoué 1000 fois avant d’arriver à inventer l’électricité. Il lui a répondu : « J’ai inventé l’électricité en 1000 étapes ! ». Et comme il a raison. Ainsi, nos maladies (échec de notre capacité à être en bonne santé, nos deuils (échec de notre part à retenir l’autre, le travail, à protéger contre la mort), nos erreurs (échec à monter ce projet, à maintenir une relation) constituent le champ d’expérience le plus fertile qui nous permet d’avancer plus efficacement vers nous-mêmes… Et là où nous avons coutume de voir des murs infranchissables, pourquoi ne pas nous entraîner à voir des marches, qui nous mèneront plus haut ?


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